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ENTRETIEN BENOÎT VAUGRENARD

L’année 2011 est derrière lui, Benoît Vaugrenard a le sourire. En Corse, où il a fini un stage intensif avec 18 équipiers mercredi soir, l’ancien champion de France du contre la montre a fait part de son enthousiasme retrouvé, de sa motivation revenue au beau fixe et de ses envies de succès pour le Trèfle et pour lui-même. « Dans une carrière, il faut peut-être vivre une sale année pour retrouver un deuxième souffle ! »

Benoît, c’est vraiment plaisant de voir ton grand sourire ?

C’est le cas pour moi-aussi… Je suis vraiment heureux sur mon vélo, heureux d’évoluer dans cette équipe. Seul l’accident en Australie de mon ami Frédéric Guesdon gâche mon plaisir. C’est vraiment dommage de le voir finir comme ça et de le savoir sur un lit d’hôpital au bout du monde. Je peux dire que toute l’équipe pense beaucoup à lui.

Rapide flashback sur 2011… Que s’est-il passé l’an dernier ?

J’ai chopé un virus début avril, juste avant la période des classiques. Je me sentais vraiment fatigué et une prise de sang a révélé que je souffrais d’une mononucléose. J’ai coupé un mois, je suis revenu fin mai mais je n’ai jamais eu de bonnes sensations avant de m’arrêter une nouvelle fois un mois après le championnat de France. En fin de saison, j’étais motivé mais à l’entraînement, j’ai été incapable d’enchaîner les séances de travail. Je partais pour une sortie de 5 ou 6 heures et je rentrais chez moi au bout de 2. J’ai stoppé ma saison début septembre au Grand Prix de Fourmies et je n’ai plus touché à mon vélo pendant dix semaines.

Avec le recul, on se souvient que tu étais devenu aigri, pas très heureux ?

Je me prenais la tête, j’étais agressif parce que je sentais que je n’étais pas dans le coup. J’ai sans doute été désagréable parfois avec mes équipiers, c’est vrai. Et finalement j’ai fait le bilan de ma carrière, de mes dix ans dans l’équipe de La Française des Jeux. Je me suis rendu compte que j’étais installé dans la routine, le même maillot, le même vélo, le même programme, les mêmes objectifs, les mêmes périodes de repos. Franchement, en fin d’année j’ai imaginé que le mieux pour me relancer était de changer d’équipe. Finalement, non. Je me sens très bien aujourd’hui.

Pour quelle raison ?

Ma longue coupure m’a fait un bien fou et si je me suis marié durant l’hiver, cela n’a pas eu une influence directe parce que je vis avec ma femme depuis longtemps et que nous avions déjà deux enfants. En fait, je me suis bien remis en cause. Au niveau de l’entraînement, je me suis beaucoup rapproché de notre entraîneur Jacques Decrion qui m’apporte de nouvelles méthodes auxquelles j’adhère totalement. Je reprends beaucoup de plaisir.

Et quels sont tes objectifs cette année ?

Le plaisir doit se convertir en résultats. Je sais que je vais avoir beaucoup plus d’envies au départ des courses, de toutes les courses. Je veux être dans le coup tout de suite, dès Bessèges. C’est le cas pour d’autres coureurs de l’équipe qui n’ont pas bien marché en 2011, William (Bonnet), Pierrick (Fedrigo) et moi. Cela va permettre à d’autres, notamment Thibaut Pinot, de nourrir des objectifs plus lointains. L’équipe a un très bon niveau mais nous sommes tous conscients que le grand départ pour nous sera Paris-Nice et Tirreno-Adriatico au démarrage du World Tour. Personnellement, je veux être en pleine forme pendant deux mois, en mars et avril, depuis Tirreno jusqu’à Liège-Bastogne-Liège, en passant par le Tour du Pays-Basque que je vais découvrir.

Tu dis que ton équipe a un très bon niveau. Comment juges-tu l’ambiance ?

Ici en stage en Corse, elle est super bonne. Nous avons fait de belles sorties de 6 heures et demi, la dernière a été de 200 km comme les aime Marc Madiot. Mais c’est la compétition et la réussite qui font l’ambiance d’une équipe.

Marc t’a dévolu un rôle de capitaine de route depuis quelques années. Ce rôle te tient-il à cœur ?

Oui, j’adore faire ça quand je ne suis pas leader. En 2011 je n’en ai pas été capable mais j’aime bien aider les jeunes, les conseiller, et dans le World Tour c’est nécessaire. Le niveau y est très élevé, on n’a pas la meilleure équipe sur le papier, tout ce joue le plus souvent à un détail. Il faut courir au millimètre et je dois aider les jeunes à le faire.

Il y a eu une très belle cuvée avec Yoann Offredo, Arthur Vichot et ThibautPinot. Que penses-tu des petits nouveaux Arnaud Démare et Kenny Elissonde ?

Kenny a un visage de gamin mais c’est un bon coureur. Grimpeur et aussi bon rouleur en dépit de ses 50 kilos. Arnaud est déjà prêt. Il va en claquer une très vite au niveau français. Evidemment il va falloir qu’il s’aguerrisse dans des courses de 200 bornes mais on s’est tous rendu compte qui il est pendant ce stage et dans un exercice de sprints derrière scooter. Il est impressionnant !

Donc, Benoît tu es reparti pour dix ans ?

Dix ans, je ne sais pas mais je suis en effet très enthousiaste de nouveau.

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Commentaires

  • Benoit et Pierrick on vous soutient faites une bonne saison on ira vous voir à l"étoile de Besseges
    Rédigé par : citron pressé
    le January 23, 2012 11:08
  • Très bien Benoît de retrouver l'envie et d'être un grand capitaine de route,dommage que la chute de Frédéric gâche le début de saison,mais qu'il retrouve vite la santé !
    Rédigé par : charles
    le January 21, 2012 14:46

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