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Entretien avec Emilien Viennet

le 06 févr. 2014
« Je suis sur la bonne voie » - Cette année 2014 est décidément prometteuse… Après le meilleur hiver de Francis Mourey, la première victoire dans la deuxième étape de l’Etoile de Bessèges de Nacer Bouhanni, nous avons tous eu le plaisir d’assister aux grands débuts d’Emilien Viennet, dimanche, dans le Grand Prix « La Marseillaise ». Ses ennuis de santé derrière lui, Emilien a remis sa carrière dans le sens de la marche et c’est avec un appétit d’ogre qu’il envisage la suite.

Tu as remarqué Emilien, il est beaucoup question de toi depuis quelques jours et ta première course ?

Oui et c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai vécu cette journée de dimanche. Je partais dans l’inconnu. J’avais bien travaillé pour retrouver mon niveau mais il n’y a que la course qui pouvait me donner des enseignements. Je suis rassuré. Lundi, j’ai analysé ma performance avec mon entraîneur Julien Pinot et il m’a dit que j’avais développé une puissance qu’il me voyait atteindre seulement durant l’été. C’est très encourageant mais je sais aussi que tout reste à faire. On ne gomme pas une année sans compétition en quelques heures…

Tu avais une appréhension avant le départ dimanche ?

Jusqu’au départ, non. La semaine passée, j’étais parti en stage dans le sud avec Arthur (Vichot), Cédric (Pineau) et Thibaut (Pinot). On a bien travaillé mais on a surtout beaucoup rigolé. C’est en me rendant sur la ligne de départ que j’ai retrouvé des sensations passées et pendant le parcours fictif, je me suis rendu compte qu’enfin j’allais disputer ma première course avec l’équipe FDJ.fr. Pendant le briefing, Franck Pineau m’a demandé de penser à moi, de rouler et de finir mais en cours de route, parce que je me sentais bien, je lui ai dit que je voulais être utile à l’équipe. J’ai pris beaucoup de plaisir à le faire et j’ai été étonné de retrouver rapidement mes repères, de parvenir facilement à me placer, à frotter. Bon, ce n’était qu’une course d’un jour, je sais qu’il y a beaucoup de travail devant moi, que je vais connaître des coups de moins bien mais je profite…

Ton travail ayant été progressif, les stages hivernaux t’avaient sans doute donné de bonnes indications ?

Oui, ces stages m’ont permis de valider mon travail. Les deux jours début décembre à Roubaix. La semaine à Pen Bron où on a commencé à bien rouler. Puis celle de Fréjus en janvier. A Marseille, j’ai été très touché par les félicitations de mes équipiers et de mon directeur sportif. Je ne veux pas m’emballer mais je sais que je suis sur la bonne voie. Maintenant, la prochaine échéance est le Tour Méditerranéen. Finir ma première course par étapes me tient à cœur.

Professionnel depuis un an, tu as dû patienter tout ce temps pour enfin accrocher un dossard à ton maillot ?

2013 a été une année d’une grosse galère…En signant mon contrat professionnel, j’ai atteint mon rêve mais subitement, j’ai perdu confiance en moi pour tomber en dépression. L’équipe, le sponsor, tout le monde me soutenait et me témoignait de la confiance et moi je m’enfonçais parce que j’étais incapable de leur donner quelque chose en retour. C’est vrai que j’ai tendance à me mettre beaucoup de pression et j’étais traumatisé de ne pouvoir justifier la confiance de mon équipe, de ne rien donner. Il a fallu du temps. J’allais mieux mais un petit souci pouvait avoir de grandes conséquences. Il était prévu que je reprenne la compétition en août dernier parce que j’avais un bon niveau mais j’ai été victime d’une chute et j’ai souffert d’une tendinite du tendon d’achille. Ça m’a dévasté, je me suis dit que j’étais maudit. Je ne servais à rien. La fin de saison approchant, nous avons décidé de ne rien précipiter et de passer l’hiver à travailler. Un psychologue m’a beaucoup aidé et m’aide encore mais aujourd’hui, je vais bien. Petit à petit, j’ai repris le dessus. Je suis comme un néo-pro.

Néo-pro dans une équipe sereine et sûre d’elle, ça aide ?

Comme dit Martial Gayant, tout le monde est dans le travail. C’est vrai, les coureurs sont sereins et tout le monde sait ce qu’il a à faire, chacun a sa place. Et en plus, nous formons un bon groupe de copains. L’ambiance est vraiment très bonne avec les coureurs, avec le staff. Ça va tout seul !

Maintenant, quel est ton objectif pour l’ensemble de la saison ?

Je le disais, finir ma première course par étapes pour déterminer mon programme. Je pense disputer ensuite les Trois Jours des Flandres Occidentales, le Samyn, peut-être le Critérium International mais on verra ça après le Tour Med’. Mon objectif est d’aider l’équipe au maximum jusqu’au mois de juillet. Et pourquoi pas, en fin de saison, d’essayer de lever les bras. Dans mon équipe il y a de sacrés leaders qui peuvent gagner de très grandes courses mais je sais aussi que Marc Madiot laisse tous ses coureurs prendre leur chance un jour ou l’autre. Et plus personnellement, parce que nous sommes un peu les mêmes coureurs, je veux travailler pour Arthur Vichot. Le mieux pour apprendre sera de l’aider. Mon meilleur souvenir, sur un vélo, est la victoire d’Arnaud Démare, dont j’étais l’équipier, au championnat du monde au Danemark. J’étais tellement content que c’est comme si j’avais gagné moi-même ! Je veux connaître ça de nouveau.

Emilien, c’est vraiment bien de te voir souriant ?

Faire partie de l’équipe FDJ.fr qui se trouve à un très haut niveau me rend très heureux moi-aussi.

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