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Entretien avec Jussi Veikkanen

le 22 mai 2015
Contrairement à l’activité du premier jour de repos qui avait été décontractée, les neuf coureurs de l’équipe FDJ sont restés dans le travail au cours de la deuxième. En compagnie de leurs directeurs sportifs, ils sont redescendus à Pinzolo, où le départ de la seizième étape sera donné mardi, et sont remontés à Madonna di Campiglio, selon le tracé qu’ils devront affronter à froid demain. Deux heures de vélo qui font dire à Martial Gayant que le groupe témoigne toujours plus d’envie et de motivation à l’entame d’une troisième semaine qui promet beaucoup.

La dynamique du résultat est forte dans cette équipe très fière de son leader Alexandre Géniez. Mardi, ce sera de nouveau une étape importante avec les ascensions de Madonna di Campiglio donc, mais aussi du Passo Tonale, d’Aprica, du Mortirolo (12 km avec des passages à 14 ou 15%) et une nouvelle fois Aprica. Le leader de l’équipe FDJ est confiant. Tout autant que son compagnon de chambre Jussi Veikkanen, formidable équipier indispensable au Trèfle.

Jussi, comment te sens-tu à l’amorce de la troisième semaine de son septième Tour d’Italie ?

Maintenant, je peux dire que ça va. J’ai eu des difficultés en début de Giro en raison d’une bronchite mais ça revient doucement. Je me sens apte à faire le travail qu’on me demande. Pendant quelques jours après le départ de San Remo, j’ai eu du mal à me soigner mais j’ai suivi les conseils de mon staff qui me demandait de vivre au jour le jour. J’avais chuté, aussi, dans le Tour du Pays-Basque (arcade sourcilière ouverte, épaule douloureuse) et j’avais mis du temps à me remettre. Ca y est, le moral est bon.

L’expérience d’un coureur de 34 ans doit également être utile pour vivre de telles périodes ?

Oui c’est vrai. J’ai su gérer mon effort et m‘économiser en essayant de me rendre utile à l’équipe. J’ai tout fait pour récupérer un maximum en n’oubliant pas que le Tour d’Italie peut être très compliqué. C’est vrai, c’est mon septième Giro. Le premier, c’était en 2006 quand Sandy (Casar) avait fini sixième du classement général. J’aime beaucoup faire cette course avec Martial Gayant qui la connaît par cœur. En 2008, j’avais figuré dans le Top 20 avant de décliner en fin d’épreuve. 2014 est également un bon souvenir avec le maillot rouge et les trois victoires d’étapes de Bouhanni.

Le travail demandé auprès d’un sprinteur puis d’un grimpeur n’est pas le même ?

L’an dernier, on avait des étapes pour tout donner et des étapes de montagne où l’objectif était d’en faire le moins possible et de finir dans les délais. Cette année, avec Alexandre, c’est un boulot précis tous les jours. Bien sûr pour l’assister en montagne mais également en plaine pour lui éviter les chutes et les cassures. C’est plus exigeant, les équipiers sont plus sollicités mais c’est vraiment plaisant de le faire quand le leader obtient de tels résultats. Travailler pour un sprinteur, c’est surtout une question de détails.

Alexandre Géniez est dixième du Tour d’Italie, tu es surpris ?

Pas du tout. L’an dernier il avait fini à la treizième place et aurait dû faire beaucoup mieux s’il n’avait perdu bêtement du temps une fois ou deux. Cette année, il confirme. Il fait bien partie des meilleurs coureurs dans un Grand Tour. Je sais qu’à l’avenir, il est capable de faire de très grandes choses.

Quelle impression te donne cette équipe cette année dans le Giro ?

Ce groupe est soudé et à ce point je n’avais pas connu ça depuis longtemps. Chaque coureur a son travail propre mais la cause est commune. J’aime bien aussi ce que montre Kenny Elissonde pour son premier Giro. C’est une course qui lui convient bien et qu’il apprécie. Je pense qu’en 2016 ou 2017, le Giro lui apportera des satisfactions.

Tu sais Jussi que tu fais l’unanimité dans l’équipe FDJ, tout le monde t’aime bien…

J’apprécie de l’entendre mais je n’y pense pas. J’essaie d’être gentil avec tout le monde. Je veux être bien traité, je traite bien les autres. Un Grand Tour, c’est quatre semaines ensemble et il faut y respecter les gens, les coureurs comme les membres du staff. Moi-aussi je me plais dans cette équipe.

Cela signifie que hormis le championnat de Finlande, tu ne penses jamais à gagner toi-même ?

Nous en avons tous la possibilité un jour ou l’autre, il m’est arrivé de gagner des courses mais personnellement, aujourd’hui, je préfère mon rôle d’équipier. Quand je travaille pour un leader et qu’il gagne, ma satisfaction est égale à la sienne. Je l’ai été avec Bouhanni il y a un an, je le suis vraiment avec Alex cette année.

Penses-tu qu’il puisse encore améliorer son classement ?

Dixième c’est déjà très bien mais avec la forme qu’il a, et il me donne l’impression de monter encore en puissance, oui c’est possible de faire mieux. Pas encore le podium ou le Top 5, pas cette année, mais il peut encore gratter quelques places ! Il nous donne à tous une super confiance. Il fait vraiment un très beau Giro !

Il semble qu’il soit un compagnon de chambre très facile, il dort beaucoup ?

(rires). On fait chambre commune depuis longtemps, dans le Giro, dans la Vuelta. Lui et moi, on a une petite vie paisible.

Que vas-tu faire après le Giro ?

Il est question que je dispute la Route du Sud fin juin mais depuis deux ou trois ans, j’essaie de retourner chez moi en Finlande. Cette année, je n’ai pas beaucoup vu ma famille, elle me manque. Ma compagne finit ses études de professeur des écoles à l’université de Turku. Si je dois faire la Route du Sud, je ferai un aller-retour depuis chez moi et puis je rentrerai en France à la mi-juillet. Ma fille et sa maman, je les ai vues trois jours après les classiques ardennaises, deux jours en mars, un peu en février. Oui, elles me manquent...

Combien de temps imagines-tu rester dans le peloton ?

En 2016 c’est sûr et tant que j’aimerais aller m’entraîner et courir, que je suis capable d’apporter quelque chose à mon équipe, je veux continuer. Quand ce ne sera plus le cas, il sera temps de raccrocher. Pour le moment, je prends du plaisir. En plus, ici au Giro, il y a des spectateurs finlandais avec qui j’essaie de parler aux départs et arrivées. Ils ont fait le Tour et la Vuelta mais comme moi, c’est le Tour d’Italie qu’ils préfèrent. »

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Publié le 27 mai 2015 à 09:26, par Jac34
Il y a plusieurs années le cyclisme était classé sport individuel, mais depuis peut être l'arrivée des oreillettes, il est devenu un sport collectif. Est ce un mieux ?