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Entretien avec Kenny Elissonde

le 19 mai 2015
La journée de repos du Giro a fait un bien fou aux coureurs et au staff de la FDJ qui en ont profité pour récupérer. Si le leader Alexandre Géniez a dormi jusqu’à 10 heures lundi matin, l’horloge biologique de Francis Mourey n’est pas tombée en panne. Il s’est réveillé à 5h30 et a pris son petit-déjeuner avec Martial Gayant à 7h30. Tous les deux se sont donnés le temps de refaire le monde.« Les gars ont fait en vélo les 15 kilomètres qui permettaient d’aller à la plage et ils y ont bu un café, dit le directeur sportif du Trèfle. Ensuite, il fallait remonter à l’hôtel et ils en ont profité pour effectuer un réveil musculaire. Après, c’était repos, repos et repos avant de reprendre la route demain avec une étape plate. »

Après neuf jours de course, Kenny Elissonde se sent bien et décrypte la course de son équipe et la sienne. Pour le moment, le grimpeur de l’équipe FDJ est satisfait.

Kenny comment s’est passée ta journée de repos ?

J’ai bien récupéré et ça fait vraiment du bien. Dimanche, j’ai pris beaucoup de plaisir à être devant (8e), ça m’a fait du bien au moral. La fatigue c’est aussi dans la tête et avec la satisfaction, elle a tendance à s’estomper. Quand même, physiquement je me sens bien et j’ai tendance à bien récupérer.

C’est la première fois que tu disputes le Giro après deux Vuelta. Tu aimes bien ?

Le Tour d’Italie a une place différente au calendrier. Depuis l’hiver, je sais que je vais le disputer et je m’y suis préparé. La Vuelta, c’est en fin de saison, pour certains c’est une course de rattrapage, pour d’autres il y a déjà beaucoup de fatigue et on n’est pas sûr d’aller au bout. Ici, j’apprécie vraiment le public, c’est le show au départ, à l’arrivée, sur la route. Tout est en rose. C’est vraiment sympa.

Quel bilan fais-tu de ces 9 premières journées de course ?

Depuis le départ, mon rôle est d’accompagner Alexandre Géniez en montagne. Mon entraîneur Julien Pinot m’avait proposé un programme allégé dans le dernier mois pour être de mieux en mieux au fil des jours et notamment en troisième semaine. Cette première partie de Giro a été exigeante. J’ai eu des moments un peu difficiles mais je pense que c’est un peu général. Il faut dire qu’il n’y a eu qu’une seule étape de plat, une seule étape tranquille. Quand je peux être avec Alex, j’y suis. Quand c’est dur et que je sens que je n’ai plus rien à espérer, je me relève un peu. C’est important aussi dans une course de trois semaines de savoir se ménager pour être plus fort le lendemain.

Ton objectif est donc d’aider Alex et comme dimanche d’aller jouer une échappée ?

Oui, il y a des coups à faire. Tous les jours ça bastonne pendant une heure à une heure et demi avant que l’échappée ne se dessine. Du coup, devant, c’est toujours des costauds et c’est pourquoi, souvent, elles sont allées au bout. L’équipe Tinkoff-Saxo a pris le manche depuis le premier jour et va bien devoir laisser filer. Je sais par expérience ce qu’une échappée peut faire dans la carrière d’un coureur. Se lever le matin normalement et le soir, après une victoire, tout a changé. Ça m’est arrivé dans la Vuelta en gagnant au sommet de l’Angliru. L’objectif est donc aussi d’essayer d’en gagner une. Je ne suis pas le seul dans ce cas. Je constate que des coureurs qui affirmaient avant le départ qu’ils briguaient un top 10 ou un Top 15 ont déjà compris que c’était foutu. Une victoire d’étape est donc leur seul objectif !

Dans ce Giro, il semble qu’il y ait la course des trois favoris et celle des autres ?

La course des favoris n’est clairement pas la mienne. Ils sont tellement au-dessus… Nous devons donc profiter des failles, il y en a toujours, et saisir les opportunités. Il y a en aura encore beaucoup.

Quelle impression te donne Alexandre Géniez ?

C’est un bon leader qui a su ne pas perdre de temps bêtement. On croit en lui. Je trouve que le groupe est vraiment uni, on défend la même cause. Cette course est très dure, nous connaissons tous des petits moments de galère et ça resserre les liens. Je trouve que l’équipe FDJ fait une belle course.

Avant de disputer le Giro, comment évaluais-tu ton début de saison ?

Ce n’était pas super, pas nul non plus. C’était neutre. Je me suis beaucoup entraîné, parfois je me suis demandé si je n’en avais pas trop fait. En fait, j’attends l’étincelle. Pour le moment, je suis satisfait de mon Giro.

Comment avez-vous fêté l’anniversaire de Kevin Reza aujourd’hui ?

Il y a deux jours, nous avons fêté celui de Thierry Picard, le chauffeur du bus. Il a eu droit à un beau gâteau. Kevin va avoir lui-aussi sa part du gâteau. Ce soir, comme toujours dans les Grands Tours, on va tous se retrouver, coureurs et staff, avant de dîner pour boire un verre parce que c’est dingue, nous n’avons pas le temps de nous voir.

Comme d’habitude, tu as pris quelques livres dans ta valise ?

Oui j’en ai deux mais le soir je suis tellement cramé que je n‘arrive pas à les lire ! J’ai commencé ‘’du côté de chez Swann’’ mais avec Proust c’est de grandes phrases, de grandes descriptions. En 300 pages, il ne se passe rien. J’ai lu 100 pages en neuf jours…

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