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Entretien avec Murilo Fischer

le 16 oct. 2013
Lundi soir, Yvon Madiot et ses coureurs se sont envolés pour Pékin où le Tour du même nom débutera vendredi. Ce matin, Murillo Fischer a pris l’avion avec sa femme et ses deux fils vers le Brésil, précisément vert Brusque (état de Santa Caterina) où il va s’accorder des vacances bien méritées. Retour avec lui sur une saison réussie.

Murilo, es-tu satisfait de ta saison avec l’équipe FDJ.fr ?

Il a fallu que je m’habitue, quand on change d’équipe, il y a toujours un temps d’adaptation à de nouvelles personnes, à une nouvelle culture, aux habitudes d’une équipe ancienne. Au final, je suis très satisfait de ce que je vis avec elle. C’est une très belle équipe, une forte équipe et, c’est très important pour moi, il y a une très belle ambiance. J’ai été impressionné par Marc Madiot. J’ai eu de bons managers dans ma carrière, Roberto Amadio et Jonathan Vaughters. Marc sait diriger son équipe mais surtout il est très présent. Il est là dans les classiques, il est là dans le Tour, il est même là dans de petites courses. J’apprécie beaucoup le rapport qu’il entretient avec ses coureurs. Je peux dire, vraiment, que c’est une très belle expérience.

 

Quelle a été ta plus grande surprise, la France n’étant pas toujours très bien perçue à l’étranger ?

Il y a eu plus d’une surprise mais la principale est la qualité sportive de l’équipe. Les jeunes sont très très forts mais ils ne se prennent pas pour des champions, ils sont restés simples. Je suis là aussi pour leur apporter mon expérience et c’est très agréable de leur parler parce qu’ils écoutent et parce qu’ils en tiennent compte. C’est vrai que les équipes françaises, parfois, sont incomprises mais je peux dire que l’histoire a changé.

 

Quelle histoire ?

Par leurs résultats et leurs victoires, les coureurs de FDJ.fr ont démontré que tout a changé, que nous ne sommes plus dans le contexte des années 90. Quand toute l’équipe travaille pour Arnaud Démare, Nacer Bouhanni ou Thibaut Pinot, quand elle vient en tête de peloton et prend la course en main, elle est à sa place. Nos adversaires nous respectent. C’est facile maintenant.

 

Comment es-tu arrivé au sein de cette équipe il y a un an ?

Mon ancien directeur sportif chez Garmin, Lionel Marie, a parlé avec Marc Madiot qui était venu me voir pendant le Tour d’Italie 2012. Puis j’ai parlé avec Martial Gayant et ils m’ont tous les deux donné l’envie de les rejoindre.

 

Marc dit souvent que tu es l’ambassadeur du Trèfle auprès des coureurs étrangers ?

Ah bon, il dit ça ? J’en suis fier… Disons que j’ai une philosophie. Tous les coureurs vivent ensemble la même histoire. Pour finir, le peloton est une deuxième famille. Moi, je n’ai jamais eu de soucis avec personne et c’est facile pour moi de parler avec tout le monde.

 

Et ton rôle a été déterminant dans le dernier Tour du Qatar quand le ton est monté très haut entre Nacer Bouhanni et Matteo Tosatto. Il t’a fallu quelques secondes seulement pour calmer tout ça…

Et Nacer a compris que l’adrénaline ne sert qu’à gagner. Qu’une fois la ligne d’arrivée franchie, il faut la ranger et rester calme.

 

Quand tu es passé pro chez Domina Vacanze en 2004, tu as gagné beaucoup de courses, tu as été le premier lauréat de l’Europe Tour. Ne penses-tu pas à courir pour toi de temps en temps ?

Si bien sûr et j’espère avoir encore la possibilité de gagner mais il faut reconnaître que le niveau est désormais très élevé. Finalement, c’est dans mon éducation de ne pas être égoïste. J’aime faire ce travail d’équipier et je pense, humblement, que je le fais bien. Après, quand un équipier me dit merci, c’est ma récompense. C’est à chaque fois le cas.

 

Quel regard as-tu sur les deux sprinteurs de ton équipe ?

Arnaud et Nacer sont déjà presque au niveau de Cavendish et Greipel mais ils sont beaucoup plus jeunes. Et puis il y a Thibaut, et Kenny Elissonde, et Alexandre Geniez, j’en oublie... C’est l’équipe du futur. Tous vont encore progresser et dans deux ou trois ans, ça va faire très mal !

 

Tu as 34 ans, combien de temps penses-tu courir encore ?

C’est décidé, je vais aller jusqu’en 2016 pour disputer les Jeux Olympiques à Rio de Janeiro. Et finir dans cette équipe, ce serait très bien.

 

LE MOT DU PATRON

Marc Madiot : « Il rassure… »

« Que Murilo ait rejoint l’équipe FDJ.fr est une excellente chose. Il apporte de la sérénité, de la tranquillité, il est apaisant pour un groupe. Dans le bus, parfois il y a de la tension, de la pression par rapport à une course. Il ne parle pas forcément, son attitude suffit, ça se sent. Quand je l’ai engagé, je ne savais pas qu’il était bien perçu dans le peloton mais je dois dire que sa présence sous nos couleurs nous a fait un bien fou. C’est un rassembleur. Pour ce qui est du travail de Murilo, hormis le fait qu’il est un excellent capitaine de route, il fait toujours le taf, il n’y a rien à dire…

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